Fondation du CPA

Un message de Karen Aird, fondatrice du CPA :

« Depuis les 25 dernières années, j’ai eu la chance de travailler dans le domaine du patrimoine, premièrement comme archéologue et plus récemment, comme gestionnaire du patrimoine culturel. Bien que j’aie vu le domaine du patrimoine et les concepts liés à sa protection se transformer et évoluer au cours des quelques dernières décennies, beaucoup des défis associés à la reconnaissance, à la protection et à l’appartenance du patrimoine culturel autochtone intangible et tangible demeurent. Par exemple, en Colombie-Britannique, tout objet patrimonial datant d’avant 1846 jouit d’une protection limitée comme objet préhistorique ou archéologique en vertu du Heritage Conservation Act. Or, en Colombie-Britannique, cette “protection” signifie souvent la délivrance d’un permis de retirer l’objet protégé du lieu où il se trouve.

Lorsqu’on m’a demandé d’agir comme témoin experte pour les nations du Traité no 8 en C.-B. lors des examens de la commission d’évaluation environnementale sur le barrage du site C en 2012, j’ai exprimé des préoccupations concernant l’impact du projet sur les droits et le patrimoine couverts par le Traité. La commission mixte fédérale-provinciale a soulevé les mêmes préoccupations, mais le gouvernement de la C.-B. a approuvé le projet. En plus de l’impact du projet sur les lieux de sépulture, les sites utilisés à des fins traditionnelles et les valeurs patrimoniales intangibles, plus de 300 sites archéologiques ont été détruits.

Au moment même où j’assistais avec dévastation à la perte de milliers d’années de patrimoine sur les terres de mes ancêtres, j’ai eu la chance de participer à une commission sur le patrimoine culturel autochtone lors d’une conférence nationale avec trois femmes extraordinaires : Yvonne Boyer, Ph. D. (nommée au Sénat canadien en 2018), Madeleine Redfern (ancienne maire d’Iqaluit) et l’historienne Julie Harris. Cette conférence abordait pour la première fois la question du patrimoine autochtone. Ce qui est ressorti de cette rencontre a été une frustration commune par rapport aux inégalités et au manque d’inclusion du patrimoine culturel autochtone et un besoin criant d’opérer un changement systémique. Notre groupe de quatre — nous nous appelions les « puissances invitantes » à l’époque — a essayé sans succès d’engager les institutions et les organisations non autochtones dans l’organisation d’un dialogue national. Une organisation de premier plan dans le secteur du patrimoine nous a ouvertement informées que personne ne voudrait financer ou ne serait intéressé par un tel événement. Nous avons passé presque deux ans à tenter de promouvoir l’inclusion et l’égalité, participant bénévolement à de nombreuses réunions et conférences dans le but de présenter le patrimoine culturel autochtone. Nous avons découvert que les organismes, lois, politiques et programmes coloniaux n’avaient ni compréhension ni intérêt pour la sauvegarde du patrimoine autochtone. En fin de compte, il nous est apparu que la seule solution était de former un organisme national sans but lucratif, le Cercle du patrimoine autochtone (CPA).

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